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Baisse des IJSS depuis avril 2025 : combien vous perdez et comment récupérer un complément

Depuis le 1er avril 2025, de nombreux salariés touchent moins d’argent lorsqu’ils sont en arrêt maladie, parce que le plafond de calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) a été abaissé. Beaucoup l’ont découvert sur leur relevé Ameli — sans explication, sans préavis, parfois au pire moment.
Cette réforme est légale. Mais elle n’est pas sans leviers. Dans ce guide, nous vous donnons les chiffres exacts, les textes officiels, et les actions concrètes pour récupérer ce que vous avez perdu — ou éviter de perdre encore.

Ce qui a changé — et comment c’est passé discrètement

Vous êtes tombé malade. Votre médecin vous a prescrit un arrêt de travail. Et en consultant votre relevé Ameli quelques jours plus tard, vous avez constaté que les sommes versées étaient inférieures à ce que vous attendiez. Si c’est votre cas, vous n’avez pas rêvé, et vous n’avez pas mal calculé.ijss-ce-qui-a-change-

Le gouvernement a décidé, dans le cadre du budget 2025 de la Sécurité sociale, de réduire le plafond de calcul de vos indemnités journalières (IJSS). Ces indemnités, c’est l’argent que vous verse l’Assurance Maladie pour compenser la perte de salaire pendant un arrêt maladie. Plus votre salaire est élevé (ou simplement au-dessus du seuil), plus l’impact est fort.

Le texte officiel : décret n°2025-160 du 20 février 2025, pris dans le cadre de la loi n°2025-199 du 28 février 2025 (LFSS 2025). Publié au Journal Officiel, applicable depuis le 1er avril 2025. Ce décret abaisse le plafond de revenus pris en compte pour le calcul des IJSS de 1,8 à 1,4 fois le SMIC.

Notez un point rarement expliqué clairement : le plafond est exprimé en multiple du SMIC. Donc le principe “1,4 SMIC” est constant depuis avril 2025, mais le montant exact en euros évolue au fil des revalorisations du SMIC. C’est pour cela que vous pouvez voir des chiffres différents selon l’année (et même selon la date de prescription de l’arrêt).

Autre fait important : plusieurs acteurs ont indiqué que le Conseil de la CNAM avait émis, le 8 novembre 2024, un avis unanimement défavorable sur le projet. La ministre du Travail avait aussi reconnu devant le Sénat, le 18 novembre 2024, que cette mesure “n’était pas satisfaisante”. Elle a pourtant été maintenue. Maintenant, voici comment transformer cette colère en action — de façon utile et cadrée.

Les chiffres officiels : avant vs après

La mécanique est simple une fois qu’on vous l’explique. Vos IJSS “maladie” sont calculées sur 50% de votre salaire journalier de base (moyenne de vos 3 derniers salaires bruts, divisée par 91,25). Mais ce salaire est plafonné. C’est ce plafond qui a été abaissé — de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC. chiffres-officiels
La conséquence concrète : dès que votre salaire dépasse le plafond, votre IJSS ne suit plus votre salaire réel. Elle se “bloque” au plafond.

Avant — jusqu’au 31 mars 2025 Depuis le 1er avril 2025 (principe) — valeurs actualisées 2026
Plafond de calcul 1,8 × SMIC (repère 2025) ≈ 3 243,24 €/mois 1,4 × SMIC (repère 2026) = 2 552,24 €/mois
IJ maximum par jour (maladie) 53,31 € bruts/jour 41,47 € bruts/jour (jusqu’au 31 janv. 2026)
41,95 € bruts/jour (à compter du 1er fév. 2026)
Réduction au plafond Environ −21% à −22% sur l’IJ maximale (selon repère)
Chiffre public souvent cité ≈ 800 M€ / an (ordre de grandeur repris publiquement)

À retenir : le plafond est “1,4 SMIC”. Les montants en euros bougent avec le SMIC. En 2026, le plafond “1,4 SMIC” correspond à 2 552,24 € bruts/mois (SMIC mensuel brut 35h au 1er janvier 2026 : 1 823,03 €). Les IJ maximum “maladie” sont indiquées par l’Assurance Maladie : 41,95 € bruts/jour en 2026.

La formule exacte de calcul

En pratique (salarié du régime général), l’indemnité journalière est égale à 50% du salaire journalier de base, calculé sur les 3 derniers mois :

IJSS (brute) = (Somme des 3 derniers salaires bruts ÷ 91,25) × 50%
Le salaire retenu est plafonné à 1,4 × SMIC : par exemple 2 552,24 € bruts/mois au 1er janvier 2026 (ce montant évolue avec le SMIC).

Exemple concret (facile à vérifier) : vous gagnez 3 200 € bruts/mois. Comme vous dépassez le plafond “1,4 SMIC”, l’Assurance Maladie retient le plafond au lieu de votre salaire réel. Votre IJSS “maladie” se rapproche donc du plafond journalier.
En 2026, l’IJSS maximale est de 41,95 € bruts/jour. Avant la réforme, le plafond était à 53,31 € bruts/jour. Pour un arrêt qui touche le plafond, l’écart peut atteindre environ 11,36 € bruts par jour — et c’est précisément ce qui fait “mal” quand l’arrêt dure (1 mois, 2 mois, 3 mois).

Calculateur IJ : estimez vos IJSS en 2 minutes

Ce mini-calculateur est volontairement  : il vous guide pour faire le calcul à la main (ou avec la calculatrice de votre téléphone) à partir de vos 3 derniers salaires bruts. C’est le moyen le plus simple de savoir si vous êtes réellement touché — et de chiffrer ce que vous pouvez demander en complément (employeur, prévoyance).

1) Prenez vos 3 derniers bulletins (salaires bruts)

Mois 1 (brut)
Exemple : 3 200 €200
Mois 2 (brut)
Exemple : 3 200 €
Mois 3 (brut)
Exemple : 3 200 €

Étape A — Additionnez vos 3 salaires bruts : S = M1 + M2 + M3

Étape B — Salaire journalier de base (SJB) : SJB = S ÷ 91,25

Étape C — IJSS brute : IJSS brute = SJB × 50% (puis vérifiez le plafond).

2) Vérifiez le plafond (la vraie cause de la baisse)

Votre salaire est retenu dans la limite de 1,4 × SMIC. En 2026, cela correspond à 2 552,24 € bruts/mois. Et le plafond IJSS “maladie” est de 41,95 € bruts/jour en 2026.

Si votre calcul “Étape C” dépasse ce plafond, votre IJSS est bloquée au maximum. C’est précisément là que la réforme vous fait perdre de l’argent.

3) Estimez le “net” (repère simple) : l’IJSS brute subit généralement CSG/CRDS (ordre de grandeur : 6,7%). Donc :

IJSS nette ≈ IJSS brute × 0,933

À calculer Formule Votre résultat
Somme des 3 salaires S = M1 + M2 + M3 _____ €
SJB S ÷ 91,25 _____ €/jour
IJSS brute SJB × 50% _____ €/jour
Plafond 2026 max 41,95 € Si > 41,95 : retenez 41,95
IJSS nette (repère) ≈ IJSS brute × 0,933 _____ €/jour

Référence utile : page Ameli sur l’arrêt maladie du salarié (conditions, base de calcul, plafond “1,4 SMIC”) et page Ameli “montants maximum” (IJ max 2026). Vous pouvez aussi consulter l’actualité Service-Public (plafonds 2026).

Tableau récapitulatif par tranche de salaire

Pour évaluer l’impact en un coup d’œil, sans calcul :

Salaire brut/mois IJ “avant” (principe 1,8 SMIC) IJ “depuis” (principe 1,4 SMIC — valeurs 2026) Perte/jour Perte/mois
1 500 € 24,66 € 24,66 € 0 € 0 € ✅
2 000 € 32,88 € 32,88 € 0 € 0 € ✅
2 552 € (plafond 2026) 41,95 € 41,95 € 0 € 0 € ⚠️
3 000 € 49,30 € 41,95 € −7,35 € −220 €
3 500 € 57,47 € 41,95 € −11,36 € −341 €
4 000 € 65,75 € 41,95 € −18,55 € −557 €
4 500 € 73,97 € 41,95 € −25,75 € −773 €
5 000 € 82,19 € 41,95 € −40,24 € −1 207 €

Montants bruts avant prélèvements sociaux. Le plafond “1,4 SMIC” et l’IJ max 2026 (41,95 €) sont publiés par l’Assurance Maladie. Les montants “avant” illustrent le principe à 1,8 SMIC (IJ max 53,31 €).

Quatre cas concrets — et ce que chacun peut faire

Les chiffres, c’est bien. Mais reconnaître sa propre situation, c’est encore plus puissant. Voici quatre profils réalistes — et pour chacun, une piste d’action concrète.

👩‍⚕️ Sophie, 34 ans — Infirmière, 2 200 €/mois

Opération du genou, arrêt 30 jours.

Sophie gagne 2 200 € bruts. Elle est sous le plafond “1,4 SMIC” : la réforme ne la touche pas directement. Ses IJSS sont calculées sur son salaire réel (sans blocage au plafond). Si votre salaire est inférieur au plafond, vous êtes dans ce cas.

👨‍💼 Thomas, 41 ans — Responsable commercial, 3 500 €/mois

Burnout sévère, arrêt 3 mois.

Thomas pensait que ses IJSS suivraient davantage son salaire. En réalité, elles se bloquent au plafond. En 2026, l’IJSS “maladie” maximale est de 41,95 € bruts/jour. La perte peut dépasser 11 € par jour au plafond — et sur 3 mois, cela devient une somme lourde, au pire moment. Sa convention collective peut prévoir un maintien de salaire : si elle vise la rémunération de référence, l’employeur doit combler la différence. Thomas doit le lui rappeler par écrit, en citant l’article exact.

🤰 Léa, 29 ans — Cheffe de projet IT, 4 200 €/mois

Congé maternité, 16 semaines (112 jours).

Beaucoup de salariées découvrent trop tard que les plafonds existent et que les montants varient selon le type d’IJ (maladie, maternité, paternité). Dans tous les cas, des plafonds s’appliquent et peuvent créer un écart important entre le salaire habituel et les indemnités. Certains accords d’entreprise, conventions de branche et contrats de prévoyance prévoient un complément : c’est le premier point à vérifier. Ne présumez pas. Vérifiez. Chiffrez. Demandez.

🔧 Marc, 47 ans — Plombier indépendant (TNS), 2 800 €/mois

Fracture du poignet, arrêt 6 semaines.

Marc relève d’un régime différent (indépendants). Son calcul n’est pas celui des salariés. Mais la réalité est souvent plus brutale : sans contrat de prévoyance individuel, un arrêt peut assécher les revenus alors que les charges continuent. La démarche utile ici : analyser sa couverture (SSI + prévoyance) et, si besoin, souscrire une protection adaptée. Les indépendants sont ceux qui prennent le choc de plein fouet quand l’arrêt dure.

Qui souffre le plus de cette réforme ?

Cette réforme ne frappe pas au hasard. Elle touche en priorité ceux que le système protège déjà le moins bien — ou ceux qui n’ont pas de filet “automatique” (complément employeur / prévoyance) dans leur organisation.

Les salariés des TPE sans accord de branche solide

Dans les grandes entreprises ou les secteurs très structurés, des textes collectifs obligent l’employeur à maintenir le salaire au-delà de ce que verse la Sécu. Dans une TPE où l’encadrement est minimal et la prévoyance absente, l’impact est plus souvent supporté par le salarié. C’est là que la baisse “fait le plus mal”.

Les jeunes en CDD et les intérimaires

Un salarié qui change d’employeur peut se retrouver dans une situation kafkaïenne : attestation de salaire, carence, dossier incomplet, et versements qui tardent. Résultat : des semaines sans revenu alors que la personne est malade. Sachez-le : la CPAM verse les IJSS dès que le dossier est complet, et le plus souvent, ce sont les pièces (attestation employeur, bulletins) qui font la différence. La stratégie ici, c’est l’ordre et la preuve.

Les travailleurs indépendants

Auto-entrepreneurs, artisans, gérants, professions libérales : ils cotisent différemment, sont indemnisés différemment, et n’ont souvent aucun maintien automatique. Un arrêt de 6 semaines peut mettre en péril une activité entière. La seule protection efficace est souvent la prévoyance individuelle.

Ce qu’il faut retenir : la réforme vise le plafond. Donc elle touche principalement la zone “au-dessus du seuil”, ce qui inclut une partie importante de la classe moyenne supérieure. Et elle devient explosive dès que l’arrêt dure (1 mois, 2 mois, 3 mois) ou dès que vous n’avez pas de complément (employeur, prévoyance).

Vos droits concrets : convention collective et prévoyance

Vous ne pouvez pas contester le décret “au quotidien” pour ne pas l’appliquer. Il s’impose. Mais vous avez deux leviers puissants que beaucoup de salariés ignorent : la convention collective et la prévoyance. C’est là que tout se joue.ijss-droits-convention-prevoyance

Levier n°1 — Votre convention collective

En vertu de l’article L.1226-1 du Code du travail, tout salarié ayant au moins un an d’ancienneté a droit au maintien d’une partie de son salaire par son employeur en cas d’arrêt maladie, selon des conditions. Ce maintien est ensuite précisé (et souvent amélioré) par la convention collective applicable.

Le point crucial : si votre convention collective prévoit un maintien basé sur votre salaire de référence (ou un pourcentage de votre rémunération), l’employeur ne peut pas “profiter” de la baisse des IJSS pour réduire son obligation. La baisse des IJSS peut, au contraire, augmenter la part que l’employeur doit compléter. C’est souvent là que les employeurs espèrent que vous ne lirez pas votre convention.

Votre convention collective est mentionnée sur votre bulletin de salaire. Vous pouvez la consulter intégralement et gratuitement sur Légifrance ou Service-Public.fr. Cherchez “maintien de salaire”, “indemnisation maladie”, “incapacité de travail”, “subrogation”.

Levier n°2 — Votre contrat de prévoyance collectif

Attention à ne pas confondre. Votre mutuelle santé rembourse les soins. Elle ne couvre pas la perte de revenus. C’est votre contrat de prévoyance qui peut compenser la baisse des IJSS via la garantie “incapacité temporaire de travail”.

Sur votre bulletin de salaire, cherchez une ligne “cotisation prévoyance” ou “incapacité/invalidité/décès”. Si elle existe, vous avez probablement un contrat collectif. Certains contrats garantissent 70 à 90% du salaire net “toutes sources confondues”, ce qui signifie que la baisse des IJSS peut être en partie absorbée — à condition que le contrat soit bien calibré, et que le dossier soit bien monté.

Modèle de lettre à envoyer à votre employeur

Si vous avez constaté une baisse de vos IJSS et que votre convention collective prévoit un maintien de salaire, voici le courrier à adresser à votre service RH. Personnalisez les champs entre crochets. Envoyez-le en recommandé avec accusé de réception, ou par email avec accusé de lecture — en conservant une copie.

✉️ Modèle de courrier — Demande de maintien de salaire complémentaire

[Votre Nom Prénom]
[Votre adresse]
[Votre email — votre numéro de salarié]

À l’attention du Service des Ressources Humaines
[Nom de l’entreprise]
[Adresse de l’entreprise]

Fait à [Ville], le [Date]

Objet : Demande de complément d’indemnisation — Baisse des IJSS — Arrêt du [date de début d’arrêt]

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous contacter au sujet de mon arrêt maladie en cours depuis le [date], prescrit par mon médecin traitant pour une durée de [durée].

Depuis le 1er avril 2025, en application du décret n°2025-160 du 20 février 2025, le plafond de calcul des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) a été abaissé à 1,4 fois le SMIC mensuel brut, entraînant une réduction de mes indemnités de [montant estimé] euros par mois.

Or, l’article [numéro de l’article] de la convention collective [nom de la CCN] applicable à notre entreprise prévoit un maintien de salaire à hauteur de [pourcentage] de ma rémunération de référence pendant [durée] jours consécutifs d’arrêt.

Dans la mesure où ce maintien est calculé sur la base de ma rémunération de référence et non sur les seules IJSS effectivement versées, je vous demande de bien vouloir :

  1. Calculer le montant du maintien de salaire auquel j’ai droit en application de la convention collective ;
  2. Verser le complément correspondant à la différence entre ce montant et les IJSS effectivement perçues ;
  3. Confirmer par écrit les modalités de ce versement dans les 15 jours suivant la réception du présent courrier.

Je reste à votre disposition pour tout échange complémentaire.

Dans l’attente de votre réponse, je vous adresse mes sincères salutations.

[Votre signature]

Avant d’envoyer : vérifiez l’article exact de votre convention collective sur le maintien de salaire et citez-le précisément avec son numéro. Un courrier personnalisé et sourcé a beaucoup plus de poids qu’un modèle générique. En cas de doute, demandez à votre délégué syndical, à votre CSE ou à un juriste.

Tableau des recours disponibles

Un refus ou une absence de réponse de votre employeur n’est jamais une fatalité. Voici les recours, du plus simple au plus engageant. Ne laissez pas les délais passer — c’est souvent là que se joue le succès ou l’échec.

Recours Démarche Délai Coût
Lettre recommandée à l’employeur Courrier citant la CCN, demande de complément chiffrée Dès la constatation de la perte Gratuit
Inspection du Travail Signalement sur signal.travail.gouv.fr Si l’employeur ne répond pas sous 30 jours Gratuit
Médiateur (prévoyance) En cas de litige avec l’organisme de prévoyance (après réclamation) Après rejet/absence de réponse à la réclamation amiable Gratuit
Syndicat / CSE Appui collectif, aide à la lecture CCN, pression sur l’employeur À tout moment Gratuit
Conseil de Prud’hommes Si l’employeur refuse d’appliquer la CCN / accord (prescription souvent 3 ans) Dans les délais légaux applicables Gratuit (aide juridictionnelle possible)

Le point qui tranche dans la vraie vie : l’employeur ne peut pas “réduire” un maintien prévu par une convention ou un accord simplement parce que l’IJSS a baissé. Si le texte collectif vise un pourcentage de rémunération de référence, il s’impose. Et c’est précisément pour cela que cette réforme a aussi un impact sur les entreprises : elle déplace une partie de la charge vers les compléments.

Questions fréquentes

Les questions que des milliers d’assurés posent chaque jour. Avec des réponses directes.

Depuis quand les IJSS ont-elles baissé, et quel texte le prévoit ?
+
Depuis le 1er avril 2025, le plafond de calcul des IJSS “maladie” est passé de 1,8 × SMIC à 1,4 × SMIC via le décret n°2025-160 du 20 février 2025. Le principe est stable, mais les montants en euros évoluent avec le SMIC (donc vous verrez des chiffres 2025 et 2026 différents).
Pourquoi voit-on 41,47 € et 41,95 € en 2026 ?
+
Parce que le plafond se met à jour avec le SMIC et la date de prescription. En pratique, des publications indiquent 41,47 € pour les arrêts prescrits jusqu’au 31 janvier 2026, et 41,95 € à compter du 1er février 2026.
Puis-je exiger que mon employeur compense la baisse ?
+
Oui, dans certains cas. Si votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit un maintien de salaire basé sur votre rémunération de référence, l’employeur doit appliquer ce maintien, indépendamment du montant d’IJSS versé. C’est précisément l’objet du courrier modèle ci-dessus : chiffrer la différence et exiger l’application du texte collectif.
Mon arrêt a commencé avant le 1er avril 2025 et je le prolonge. Suis-je concerné ?
+
La date et la continuité de l’arrêt jouent un rôle. Si vous êtes en prolongation continue, les règles appliquées peuvent suivre l’arrêt initial. En cas de doute, demandez une confirmation écrite du plafond retenu via la messagerie Ameli : c’est la manière la plus efficace d’obtenir une réponse traçable.
Je gagne moins que le plafond. Cette réforme me touche-t-elle ?
+
En dessous du plafond “1,4 × SMIC”, vos IJSS sont calculées sur votre salaire réel (sans blocage), donc la baisse liée au plafond a moins de chances de vous impacter directement. Mais votre situation peut être affectée par d’autres éléments (carence, pièces manquantes, subrogation, prévoyance). D’où l’intérêt du calculateur et du contrôle du dossier.
Les fonctionnaires sont-ils aussi touchés ?
+
Oui, selon une règle spécifique : depuis le 1er mars 2025, le taux de remplacement du traitement pour le congé de maladie ordinaire est fixé à 90% pour les périodes auparavant à plein traitement (décret n°2025-197 du 27 février 2025).
Ma mutuelle peut-elle compenser la baisse ?
+
Pas votre mutuelle santé (soins). En revanche, un contrat de prévoyance avec garantie incapacité peut verser un complément d’indemnisation. Cherchez les termes “incapacité”, “IJ complémentaires”, “maintien de revenus”, “rémunération de référence”, et vérifiez les conditions (franchise, taux, plafond).
Je suis en arrêt et la CPAM tarde à me verser mes IJ. Que faire ?
+
La stratégie qui marche : 1) messagerie Ameli (trace écrite), 2) relance structurée (pièces jointes : arrêt, attestation employeur, bulletins), 3) courrier recommandé si blocage, 4) recours si nécessaire. Et conservez tout : un dossier “propre” accélère les versements et protège en cas de contestation.

Ne laissez pas cette réforme passer sans réagir

La baisse des IJSS est légale. Elle est là. Vous ne pouvez pas l’annuler à titre individuel. Mais vous n’êtes pas sans défense.

  • Le plafond est passé de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025 — texte officiel sur Légifrance
  • En 2026, le plafond “1,4 SMIC” correspond à environ 2 552 € bruts/mois (valeur qui bouge avec le SMIC)
  • En 2026, l’IJSS “maladie” maximale est de 41,95 € bruts/jour
  • Votre convention collective peut obliger votre employeur à combler la différence
  • Votre contrat de prévoyance peut couvrir ce que la Sécu ne couvre plus
  • Des recours existent — lettre recommandée, Inspection du Travail, Prud’hommes selon délais applicables
  • Vos relevés d’IJ comptent : conservez-les (preuve, calcul, dossier)

Vérifiez votre convention collective dès aujourd’hui. Lisez votre contrat de prévoyance cette semaine. Et si votre employeur refuse d’appliquer ce à quoi il est obligé, ne laissez pas passer cela. Faites valoir vos droits, avec des chiffres et des textes.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif. Les montants sont bruts avant prélèvements sociaux. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez votre service RH, votre CSE/syndicat ou un avocat en droit du travail.

Ancienne juriste en cabinet d'assurance, Émilie Durand (Master 2 Paris II Panthéon-Assas, Certificat de Médiation Financière) consacre son expertise à la défense pédagogique des assurés. Formatrice en ateliers et collaboratrice d'associations de consommateurs, elle traduit sur CompteAssurance.com le jargon juridique en actions concrètes : modèles de courriers de recours, décryptage de clauses abusives, étapes de contestation de refus d'indemnisation.